je ne peux plus lui dire "tu" car il ne sera plus le premier à lire ce que j'écris maintenant...
il y a devant lui cinq mois de marches, de charges à porter, d'heures à attendre, d'ordres à accomplir...
il va devoir subir, il va devoir prendre patience, il sera seul, il aura froid...
et moi je ne pourrai rien faire contre cela...
je donnerais tout pour le retrouver le soir, lui réchauffer les pieds, lui faire du thé, comme avant, comme quand il était là...
non, moi je reste ici...
comme des centaines de filles avant moi, j'attendrai anouveau le retour de celui que j'aime.
comme des centaines de filles avant moi, je vai écrire des lettres avec du parfum, une photo, des traces de rouge à lèvre peut-être...
comme des centaines de filles avant moi, je compterai les jours, je ferai des biscuits et des gâteaux...
comme des centaines de filles avant moi, je me lêverai a six heure le samedi matin pour le retrouver à la gare...
comme des centaines de filles avant moi, je l'accompagnerai sur le quai tous les dimanches soirs...
comme des centaines de filles avant moi, je cacherai mes larmes dans une petite boîte à secrets, avec quelques lettres, quelques photos...
j'ai du temps pour mes études, pour moi un peu aussi...mais sans lui.
je mange les biscuits qui nous faisaient tellement envie...mais sans lui.
je verrai des amis, je ferai la fête...mais sans lui.
moi je n'ai qu'un ordre auquel je ne peux qu'obéir : apprendre à vivre sans toi... pendant quelques 3530 heures que je compterai une par une...



